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Avr 15

Le parcours scolaire doit être considéré dans son ensemble car celui-ci est une chaîne de rouages interdépendants jouant tous un rôle sur l’étudiant.

 

 1.   Le début du parcours

Les premières années d’enseignement sont particulièrement importantes car elles permettent aux élèves d’avoir un premier contact dans le milieu scolaire ainsi qu’avec la langue d’enseignement. Une bonne connaissance de cette dernière est nécessaire afin de garantir l’intégration sociale et professionnelle de la personne, mais aussi de bien comprendre les notions qui seront développées par la suite. Or, le constat est que bien souvent les élèves ne maitrisent pas suffisamment la langue d’enseignement pour construire des savoirs.

 Les EDH proposent :

 §  L’obligation scolaire dès la deuxième maternelle.

 

 2.   La transition et l’orientation

Passer d’un niveau d’enseignement à un autre est toujours une étape que beaucoup redoutent et affrontent souvent sans y être préparés. Le résultat à la clé est parfois l’échec ou le décrochage.


 2.1.      La transition primaire-secondaire

 La transition entre le primaire et le premier degré commun du secondaire est une source de difficultés pour nombre d’élèves. Ceux-ci doivent s’habituer à de nouveaux horaires, à un nouveau rythme d’étude et à de nouveaux professeurs. C’est aussi dès ce moment que va se jouer l’orientation professionnelle des jeunes.

 Les jeunes inscrits dans une école ont tendance à vouloir continuer dans celle-ci et une orientation vers l’enseignement technique est perçue comme une « descente »,  un « échec » et une « exclusion » (principalement pour les écoles qui organisent uniquement de l’enseignement général à partir du 2edegré). S’inscrivant en faux par rapport à cette croyance, les EDH pensent qu’il faut privilégier l’orientation volontaire afin que les jeunes soient mieux épanouis en vivant leurs rêves et une revalorisation des enseignements techniques et professionnels, créateurs de savoir-faire et vecteur d’emploi.

A cette fin, les EDH saluent l’initiative des DOA (Degrés d’Observation Autonome). Les Degrés d’Observation Autonome consistent en l’enseignement du seul premier degré au sein d’une école. Cette mesure permet dès lors l’orientation positive et volontaire vers les filières techniques et professionnelles qui ne sont alors plus des filières de « relégation ». Ces établissements sont indépendants des autres établissements d’enseignement secondaire et permettraient dès lors une meilleure répartition des élèves dans les différents établissements d’enseignement général, technique et professionnel, selon les aspirations de chaque jeune.

 Tout en allant plus loin encore, les EDH proposent :

 §  Evaluer le système des DOA en vue de sa généralisation

 §  Lors du premier degré, veiller à une plus grande ouverture aux compétences techniques et manuelles dans les programmes de cours

 

2.2.      La transition secondaire-supérieur

Les problèmes d’orientation sont souvent pointés du doigt comme une des raisons principales d’échec dans l’enseignement supérieur. Pour y remédier, il est primordial que le travail en amont soit le plus efficace possible afin que chaque étudiant puisse s’orienter dans sa branche de prédilection. L’étudiant a une personnalité unique et des désirs d’avenir propres auxquels il convient de coller le mieux possible dans le choix des études supérieures car il en va de son avenir et de son épanouissement personnel futur.

2.2.1.        Dans les écoles secondaires

Les statistiques indiquent que moins d’un étudiant de première génération sur deux réussit au terme de sa première année de l’enseignement supérieur. Il est nécessaire de prendre des mesures afin que le taux d’échec en premier bachelier diminue considérablement.

Concernant la dernière année du secondaire général, communément appelée rhéto, les EDH proposent :

§  De faire de la rhéto une année favorisant davantage la transition avec l’enseignement supérieur en fournissant une meilleure préparation aux élèves.

 

De nombreux étudiants ne réussissant pas leur première année d’études supérieures optent pour une réorientation. Il convient d’aider les étudiants à trouver leur voie le plus tôt possible Celle-ci est parfois une possibilité méconnue qui pourrait pourtant mieux satisfaire leurs désirs.

Pour contrer ce phénomène, les EDH proposent de :

§  D’élaborer d’un test généralisé obligatoire mais non contraignant permettant au néo-étudiant de cibler ses lacunes (souvent accumulées depuis longtemps) afin de pouvoir y remédier grâce à un accompagnement efficace.

Ce test serait structuré en plusieurs parties : lors de l’actuelle 5e secondaire, les élèves seraient invités à remplir un questionnaire chargé de susciter chez eux un début de questionnement sur leur orientation future. En rhéto, plusieurs demi-journées ou journées de découverte de métiers seraient organisées. Enfin, aux alentours de Pâques, précédent l’entrée dans l’enseignement supérieur, un nouveau test relatif à la filière envisagée aurait lieu afin que le jeune sache en quoi consiste exactement les études qu’il entreprend.

§  Rendre possible un service d’orientation dans chaque établissement d’enseignement secondaire supérieur, composé de professeurs et d’éducateurs formés à l’orientation et connaissant les élèves afin de les conseiller au mieux dans leur orientation.

§  Donner un cadre légal au travail hors classe afin que les enseignants puissent dégager formellement des heures à consacrer à l’orientation.

§  La mise à disposition gratuite, via Internet, d’un catalogue reprenant l’ensemble de l’offre d’enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

2.2.2.        Service public d’orientation

Actuellement, les principaux services d’orientation dépendent des grands établissements d’enseignement supérieur et un conflit d’intérêt existe de par les conseils qu’ils pourraient donner aux étudiants désireux d’être guidés.

Afin de favoriser la neutralité de l’orientation des étudiants en fin de secondaire, les EDH proposent :

§  Une publicité des offres d’enseignement supérieur, quelles qu’elles soient, auprès des élèves de rhéto afin que ceux-ci puissent avoir accès à une offre très détaillée - et non plus restreinte comme c’est le cas actuellement. Nous demandons aux établissements d’enseignement supérieur de considérer toutes les écoles dans le cadre de leurs campagnes de communication.

§  La création d’un service public d’orientation indépendant de toute institution d’enseignement supérieur, intégré dans l’ARES, avec des implantations régionales au niveau des pôles.

§  De publier, sur un site officiel centralisateur, des statistiques indiquant le pourcentage d’anciens étudiants ayant trouvé un travail dans l’année, ainsi que le pourcentage d’anciens étudiants ayant trouvé un travail en lien avec les études suivies.

 

2.3.     L’alternance et le stage

Un des facteurs répandu de non-embauche est le manque d’expérience. Comment peut-on cumuler, au sortir des études, un diplôme et une expérience suffisante pour pouvoir prétendre à un emploi épanouissant et correspondant aux attentes de la personne ?

Les formations en alternance sont une pédagogie alternative qui permet à des étudiants qui ne se retrouvent pas dans l’enseignement supérieur classique de s’épanouir dans leurs études supérieures. L’enseignement en alternance est trop peu répandu en Fédération Wallonie-Bruxelles et doit être élargi dans des proportions considérables.

Pour cela, les EDH proposent :

§  La création d’études supérieures en alternance basées sur des modules de semaines. Cela pourrait prendre la forme de masters dans le cadre de l’enseignement supérieur de type long ou de baccalauréats dans le cadre de l’enseignement supérieur de type court. Ces programmes seraient optionnels et complémentaires à l’offre déjà existante de masters.

§  Généraliser le stage (arrangé en fonction des études)

 

2.4.     Le service civique

La possibilité de faire une année sabbatique ou de perfectionnement linguistique à l’étranger existe et est fréquemment utilisée par les étudiants qui hésitent encore sur leur orientation dans les études supérieures. Cependant les possibilités d’activités encadrées sont minimes et devraient être étendues.

C’est pourquoi les EDH proposent :

§  La création d’une année de service civique facultative entre le secondaire et le supérieur. Ce service civique pourrait être réalisé au sein de multiples organismes comme des ONG, ASBL à buts définis, des pouvoirs publics, etc. Il vise particulièrement le service à la société, la conscientisation des jeunes aux défis de la société actuelle et permettrait également un mélange des milieux et des rencontres hétérogènes dans la société.

§  Dans le cadre de cette année de service civique, le maintien des allocations familiales et du régime fiscal de l’enfant à charge de ses parents ou tuteurs légaux, pour autant que le jeune ne soit pas rémunéré au-delà des limites légales actuellement en vigueur.

§  La création d’un label encadrant ce service civique afin qu’il fasse l’objet d’une facile valorisation sur un curriculum vitae.